Je lui fis cadeau de sa dernière robe; j'envoyai un drap, un bonnet; je n'eus pas le courage d'assister à sa toilette. Je recommandai qu'on lui arrangeât bien les cheveux. Elle en avait si soin. Je me rappelle qu'un jour elle me disait:

—Pour rien au monde je ne voudrais mourir à l'hospice, crainte qu'on ne me coupe les cheveux.

Son amant, me disais-je, va la faire enterrer; je veux aller le trouver.

Je rentrai chez moi désespérée. Tout le monde fut consterné de cette nouvelle. Bien qu'on ne la connût pas, c'était une triste histoire.

Son amant demeurait rue Racine; je me fis conduire en voiture, car je n'avais pas la force de marcher. Il était quatre heures quand j'arrivai à la porte de son hôtel.

J'entrai chez le concierge; la première chose que je vis sur la table fut la lettre de Marie; il n'y était donc pas!

Je demandai si l'on savait où il était, qu'il fallait absolument que je lui parlasse.

Le portier ne parut guère disposé à l'aller chercher; mais sa femme, plus aimable, me dit qu'il était à l'estaminet à côté, que je n'avais qu'à le faire demander.

Je m'adressai à un garçon: on l'appela dans une salle de billard.

—Qu'on attende chez moi, dit-il, je finis une poule.