Le magasin était ouvert. Nous ne manquions pas de pratiques. Toutes les femmes que j'avais connues venaient chez moi faire leurs emplettes.
Cependant, nous n'étions pas sur le chemin de la fortune, par la raison toute simple que ces femmes m'achetaient à crédit. Je n'osais pas refuser.
Ma mère me fit comprendre que nous ne pouvions pas faire nos affaires comme cela; et elle se chargea de refuser de nouveaux comptes.
Je ne sais qui m'en voulait, mais je devais avoir quelque ennemie cachée, car on me fit un tour infâme...
Mon appartement donnait entre deux cours; en entrant, il y avait une antichambre; à gauche, un salon et une chambre à coucher; en face, un cabinet où couchait la domestique; dans le coin à droite, la porte d'un couloir faisant le coude et conduisant à la cuisine, dont la croisée faisait face à celle du cabinet.
Un matin, vers les huit ou neuf heures, on sonna... J'avais un grand mal de tête, je n'étais pas levée; je dis à Marie qui allait ouvrir:
—Je ne veux voir personne; que l'on descende au magasin.
Elle ouvrit et j'entendis de mon lit demander:
—Mademoiselle Céleste!
—Elle n'y est pas; si vous voulez voir sa mère, elle est au magasin...