Le lendemain, je ne sortis pas, attendant la personne chez laquelle j'étais allée la veille; n'en ayant aucune nouvelle à quatre heures, je pensai qu'elle s'était rendue rue Coquenard. J'y fus: on n'avait vu personne!
Le corps de Marie avait été enlevé à deux heures; la charité, qui a tout prévu, avait fait passer sa voiture d'indigence; personne ne l'accompagna.
Mortes, toutes les créatures inspirent le respect; les passants la saluèrent jusqu'à sa dernière demeure.
On m'a dit que la lecture de Werther avait causé des suicides; je l'ai lu...
J'étais, à cette époque, trop heureuse ou trop ignorante pour le comprendre; cette lecture ne me donna pas même le spleen, mais le souvenir de Marie produisit sur mon imagination un effet incroyable.
Ce souvenir me faisait songer au repos qui ne finit point, au repos de la mort.
Toutes les nuits, je la voyais en rêve; elle me parlait et toujours elle me disait la même chose.
XVIII
UN ACTE DE DÉSESPOIR.
Nous avions commencé, ma mère et moi, notre grande opération commerciale.