Je me serrai la tête dans mes mains. Qu'allais-je devenir?
Je ne pouvais me sauver; j'avais mis le peu que je possédais dans cette boutique. Tout abandonner... je retombais dans la plus affreuse des misères.
Je ne pouvais plus descendre sans risquer d'être arrêtée, peut-être condamnée à un mois, pour avoir manqué aux sommations qui m'avaient été faites.
Que dire dans le quartier? Tout le monde saura cette histoire; je n'oserai plus reparaître. D'ici à demain, je ne puis rien pour éviter cela.
Je pensai à Marie. Demain, c'est dimanche; on ne peut pas m'arrêter demain, les bureaux sont fermés. Ma bonne sortira toute la journée, ma mère n'ouvrira pas la boutique... je serai seule, toute seule; oui, c'est ça, je suis sauvée.
Je fis prendre du papier; je passai ma soirée à écrire. A onze heures, ma mère vint me dire bonsoir.
—Tiens! je te croyais endormie. Tu écris à des fournisseurs.
—Oui.
Il ne me vint pas à l'idée de l'embrasser.
Je savais qu'elle revoyait Vincent; elle se cachait de moi, mais on me l'avait dit.