La première demoiselle m'avait fait un portrait que j'avais trop bien reconnu.
Comme ma mère lui avait défendu de me dire qu'elle recevait un monsieur, elle n'avait rien eu de plus pressé que de monter dans ma chambre et de me prévenir.
Elle me raconta même que souvent, quand je descendais, M. Vincent sortait par une porte de derrière qui donnait rue de la Boule-Rouge.
Cela m'avait fait une peine que je ne puis rendre et j'avais retrouvé au fond de mon cœur toutes mes colères contre lui, toute mon indifférence pour elle.
Une fois seule, je mis tout en ordre, je cachetai quelques lettres à mes amis et je me couchai presque heureuse du parti que j'avais pris.
Je me levai de grand matin. Vers dix heures, il tombait une espèce de pluie qui ressemblait à du brouillard tant elle était fine. J'appelai Marie.
—Allons, lui dis-je, habillez-vous et allez vous promener; c'est votre jour de sortie.
—Oh! me dit-elle, il fait trop vilain temps. Je n'ai que ma payse à voir, j'irai chez elle la semaine prochaine.
Cela ne faisait pas mon compte, car j'avais dit à ma mère que je dînais dehors, que ma domestique sortait, et je l'avais engagée à aller elle-même passer la journée chez des amis.
Elle ne s'était pas fait prier; M. Vincent l'attendait chez sa mère.