Tout allait pour moi de mal en pis! Les femmes à qui on avait refusé du crédit ne venaient plus.

Le terme arrivait; il n'y avait pas le premier sou de côté. Les marchandises étaient vendues; il fallait les payer.

On allait me poursuivre, me saisir. Je devenais folle; je pleurais tous les jours de ne pas m'être tuée.

Si cette bonne qui veillait sur moi avec la fidélité d'un chien caniche, n'avait pas fait si bonne garde, j'aurais recommencé; j'étais découragée, malade; je me laissais aller, espérant une fin.

J'étais allée quelquefois chez Lise; elle était en Italie.

La seule affection qui tenait un peu compagnie à mon désespoir, c'était celle de Deligny.

Au moment de mon départ pour la Hollande, mes relations étaient encore très-aigres-douces. Ce départ avait été un motif pour rompre avec Deligny et avec cette société dont il était un des plus tapageurs.

J'ai déjà dit, je crois, qu'il se donnait des airs militaires, qu'il était querelleur, se moquait de toutes les femmes.

Il avait un ami, nommé Médème, pâle, blond, grand, mince, qui suivait ses exemples. C'était à qui boirait le plus, aurait le plus de querelles, changerait le plus de maîtresses...

Avec un pareil caractère, il ne devait pas avoir gardé de moi un souvenir bien vif et bien durable. Je m'attendais à ne jamais le revoir. Je fus donc bien surprise quand je reçus sa visite.