C'était un joli coupé à deux chevaux.
Il ouvrit la portière. Une dame d'une grande élégance descendit doucement, s'appuyant sur lui; elle avait un voile si épais que je ne vis pas ses traits; elle fit signe au valet de pied de l'attendre dehors, souleva son voile d'une main et me tendit l'autre.
—Lise! dis-je en me reculant, tant elle était pâle.
—Eh bien! tu ne m'embrasses pas? tu me trouves changée?...
—Oui, lui dis-je, un peu remise; je suis saisie de te voir, tu es si belle; et puis, je ne t'attendais pas...
—Oh! si c'est ça, tant mieux! Vois-tu, c'est que tout le monde me croit malade, je me figure être beaucoup changée.
Je la fis asseoir près de moi; elle pouvait à peine se tenir.
—Voyons, lui dis-je, raconte-moi tout ce que tu as fait. D'où viens-tu?
—J'arrive de Nice; j'avais attrapé un rhume... Ernest est si bon qu'il a pris cela au sérieux, il m'aime tant!
—Ernest, c'est toujours ce vieux comte tout ridé, avec qui j'ai dîné une fois rue Saint-Georges?