Cette femme avait eu son jour d'éclat.

Elle avait été à son tour l'objet de l'envie des femmes et de l'admiration passionnée des hommes.

On la voyait tous les soirs dans une boutique, au coin de l'Opéra-Comique. Les passants pouvaient la croire heureuse; elle était couverte de bijoux, de dentelles et de soie: voilà ce qui égare tant de pauvres têtes.

Personne ne pourra donc leur montrer la réalité de cette vie: Honte et misère! On devrait écrire cela sur tout ce qu'on nous donne, pour que personne ne pût s'y méprendre.

Un matin, elle vint me conter qu'elle avait trouvé le moyen de se faire un peu d'argent pour retourner dans son pays; que son frère l'attendait. Son moyen était de donner un bal par souscription, aux Provençaux, à vingt francs le billet; elle me pria de m'en occuper et me fit presque promettre d'y aller.

J'en parlai à Deligny, qui en plaça quelques-uns près de ses amis, Médème et autres.

Un jour, un domestique galonné sur toutes les coutures regarda ma porte, puis entra.

—Est-ce ici que demeure Mlle Céleste?

—Oui, monsieur.

Il sortit, fit signe à une voiture, qui avança jusque devant notre maison.