Elles servent à la maîtresse, soit en lui amenant du monde, soit en amorçant les joueurs.
Pauvres comparses, qui font de petits profits; elles sont joueuses, et quand elles n'ont plus d'argent, elles donnent, comme fiche, la clef de leur chambre.
Je fis remarquer à ma nouvelle connaissance, qui s'appelait Marie, qu'elle était là dans une bien triste et bien dangereuse société.
—Je le sais bien, me dit-elle; mais que pourrais-je faire? On a éloigné mon mari; mais il peut revenir d'un moment à l'autre, et je ne sais où aller.
Elle ne s'était pas trompée... A quelques jours de là, son mari vint la trouver et s'imposa à elle. Il l'avait rouée de coups. Elle vint me conter ses peines.
—N'avez-vous donc pas d'amis, de parents chez qui vous pourriez vous retirer?
—Non, me dit-elle en pleurant, je suis bien malheureuse; voilà six ans que je mène cette vie; la plus pauvre des femmes est plus heureuse que moi. Quelle vie de misère! Si je pouvais rentrer chez mes parents, je partirais à l'instant même.
Je lui demandai si elle leur avait écrit.
—Non, je n'ai pas osé.
Je l'engageai à le faire, pour né partir qu'à coup sûr.