C'est une drôle d'étude à faire, que celle de ces prétendues tables d'hôte.

Après le dîner, on fait une partie; les abonnés arrivent.

Ce sont des êtres impénétrables, on sait rarement leurs noms; ils ont été baptisés par la maîtresse de maison: l'un s'appelle le Major, on ne sait pas pourquoi; l'autre le Commandant; tous tâchent de s'arracher quelques pièces de cent sous.

Les femmes empruntent les plus petites sommes, jusqu'à cinquante centimes.

La vieille maîtresse de la maison appelle tout le monde mon chéri; elle prélève un droit sur les cartes; quoi qu'il arrive, elle fait toujours de bonnes affaires. Pourtant, ces femmes n'ont généralement rien.

Telle qui aurait dû être fort riche est misérable.

Pourquoi? Elle achetait des amours qu'elle ne pouvait plus inspirer; elle avait beau se faire teindre les cheveux, se mettre de fausses dents, on exigeait beaucoup d'elle. Si un nouveau venu tombe au milieu de ce monde, la maîtresse de la maison lui fait mille amitiés; elle l'engage d'abord à jouer petit jeu. L'étranger s'étonne de tant de politesse et de réserve.

On lui a donné, pour trois francs, un dîner qui vaut dix francs par tête. Il admire ce miracle d'ordre ou de générosité. Mais on apporte du champagne; les têtes s'exaltent, la gaieté pétille.

Le pauvre étranger perd tout ce qu'il a sur lui, quelquefois plus, et il reconnaît, trop tard, qu'il a été dupe.

Autour du principal personnage féminin voltigent d'autres femmes, quelques-unes jeunes et jolies.