—Comment l'avez-vous laissée venir? me dit Deligny; elle est perdue!

—Je ne savais pas qu'elle fût dans cet état, et puis, si je ne l'avais pas accompagnée, elle serait venue seule.

—Elle se trouve mal, dit Médème, qui était resté près d'elle.

Il l'enleva dans ses bras et la descendit; personne n'y prit garde, excepté Lagie, qui dit, en la voyant passer:

—Voilà la Pomaré qui fait ses manières.

Je la menai chez elle, elle avait la fièvre; elle ne voulait pas qu'on la déshabillât; elle voulait retourner au bal, danser.

Il fallut allumer tout chez elle. J'y restai une partie de la nuit; elle remettait sa coiffure, me disait des mots sans suite; enfin, la fatigue l'emporta, elle s'endormit.

Je rentrai chez moi fort triste.

Le lendemain, je fus la voir; elle était levée, plus pâle que la veille.

—Oh! te voilà, toi, me dit-elle les lèvres crispées, tu devais être la première à qui j'apprendrais cette nouvelle; les misérables!... je me vengerai! Ils me croient donc morte? Quelle trahison!