Son esprit était vif; il me parut d'un caractère un peu violent, mais sachant se dompter, et corrigeant sa fougue par des manières charmantes.
Je l'avais regardé, j'avais vu tout cela; je le regardais toujours.
—Sans lui, dis-je à Frisette en le désignant, je ne sais comment cette dispute aurait fini; il m'a rendu un grand service. Je ne sais si je l'ai remercié.
J'aurais voulu qu'il vînt me parler... mais il n'en fit rien; mon cœur faisait autant de tours que lui sans qu'il y prît garde.
On avait improvisé un bal, il ne m'invita pas à danser; pourtant il me regardait.
Le grand beau, mon voisin de table, ayant fini par se persuader, sans doute, que ma froideur était un jeu, s'approcha de moi, et, avec le tact qui paraissait le caractériser, il me demanda bruyamment si je voulais me sauver avec lui.
Je me levai sans lui répondre.
Le Faucheux ne me parlait plus; mais devinant ce qui se passait en moi, il paraissait souffrir.
Cette promenade des yeux et du cœur à la suite de M. Robert me fatiguait. Je fus droit à lui, et lui demandai s'il voulait me reconduire, pour me débarrasser de ces deux messieurs.
—Oui, dit-il en attachant sur moi un regard qui avait l'air de lire ma pensée; oui, dans dix minutes; mais auparavant, je voudrais bien danser avec vous.