Robert me regardait, j'abandonnais ma main, mon cou à mon voisin qui m'embrassait.

Il vint se mettre en face de moi, fixa son regard sur le mien et me fit signe de sortir. J'obéis, toujours malgré moi.

Il était temps, j'allais étouffer.

Il m'emmena dans le fond du jardin, me fit asseoir et me dit en me prenant les mains:

—Qu'avez-vous donc. Céleste? Vous paraissez vouloir me torturer à plaisir. Hier vous m'aimiez, vous le disiez au moins; si vous ne m'aimez plus, après l'amour ne peut-il rester un peu d'intérêt, d'affection? Si vous en avez pour moi, ne vous prodiguez pas ainsi.

—Que voulez-vous donc que je fasse. N'avez-vous pas une maîtresse? voulez-vous que je pleure devant elle? Je suis libre, je veux m'amuser, vous oublier... Je fondis en larmes...

—M'oublier! pourquoi? est-ce ma faute si avant de vous connaître j'avais une liaison? vous ai-je fait venir ici, et, enfin, puisque vous y êtes, ne me suis-je pas tenu éloigné de cette femme? Je ne lui ai pas dit un mot. Restez, vous verrez que ma chambre est loin de la sienne; je vous aime, et je ne l'aime pas. Je ne puis la quitter brutalement, sans motifs; attendez!

Il m'embrassa, et tout fut oublié.

Pourtant la nuit, j'écoutai si sa porte ne s'ouvrait pas. Zizi resta à la campagne et je le ramenai à Paris sans le perdre de vue. J'avais peur de l'avoir fâché; je l'aimais trop, je devais le fatiguer.

Il aimait le monde, et allait souvent au bal, ou à des parties de jeunes gens; je lui en voulais de ne pas me sacrifier ces plaisirs.