»La vie est un livre dont on tourne un feuillet tous les jours. J'aurais voulu m'arrêter au chapitre de nos amours, car je m'étais relevée un peu à mes yeux. Je ne me savais pas capable de tant aimer.

»Je ne veux pas vous attirer ainsi, ou vous dire que je vous attends. Pour vous écrire cela, il faut que tout soit fini entre nous.

»Je n'ai besoin de rien; je suis presque riche. Je vous souhaite tous les bonheurs du monde, en vous pardonnant votre oubli.

»CÉLESTE.»

Je cachetai cette lettre, je la mis à la poste; je comptai les heures de son trajet. Au moment où il devait la recevoir, le lendemain, je mis la main sur mon cœur pour en arrêter les battements.

Heureuse lettre! il la tenait, il la lisait peut-être. Je cachai ma faiblesse à tout le monde.

A Marie seule, ma bonne, à cette fille qui m'avait sauvé la vie, à Marie, je parlais de lui; une fleur, un bouquet fané étaient devenus un trésor.

Je n'avais pas demandé de réponse, mais j'en attendais une.

Marie entra dans ma chambre le lendemain; je ne pouvais pas encore avoir de réponse, pourtant je regardai ses mains; elle n'avait rien, que l'air embarrassé. Je lui demandai ce qu'elle voulait.

—Ah! pardon, madame, mais je ne sais comment vous dire cela.