Enfin le grand jour arriva; mon professeur était content de moi. Je devais, le jour d'ouverture, paraître dans trois exercices.

Le premier était une promenade au pas, qu'on appelait la marche; le second, une course de vitesse; le troisième, une chasse au cerf.

Ceux qui ont assisté à l'ouverture de l'Hippodrome pourront encore se souvenir que ce fut là la partie comique de la représentation.

J'entrai dans l'arène première d'une colonne de quatre chevaux. J'avais un costume à la juive, comme toutes les écuyères. J'entendais circuler mon nom:

—Où est Mogador?

—Oh! voilà Mogador!

Je crus qu'on allait me siffler ou me dire des choses désagréables, car chacun faisait ses réflexions tout haut.

Il y avait bien huit mille personnes. On était les uns sur les autres; c'était un coup d'œil magnifique. Tout ce qu'il y avait d'élégant à Paris était là. Ces costumes neufs, cette salle fraîche étaient d'un merveilleux effet.

Le soleil qui, ce jour-là, étincelait sur le clinquant, réchauffa les cœurs, d'abord un peu froids d'émotion, et disposa bien le public qui, à cette première sortie, applaudit à outrance.

Deux ou trois exercices entrèrent avant ma seconde apparition. J'étais à cheval une demi-heure d'avance. Nous n'étions que cinq cette fois pour entrer. Je tremblais à ne pouvoir tenir mon cheval: