Ce fut encore plus affreux que la veille. La mère nous attendait à la porte, et dit à Marie:

—Tu ne m'as pas dit le nom de la salle d'Augustine.

Je dis bas à Marie de porter le linge pour sa sœur, de hâter les préparatifs; je tâchais de gagner du temps. Un garçon descendit, sans doute par un autre escalier, et vint me dire:

—Madame, voulez-vous voir la jeune fille, avant qu'on la cloue? C'est l'usage, pour s'assurer qu'on n'a pas travaillé le corps.

—Qui donc veut-on clouer? dit la mère de Marie.

Et elle suivit le garçon sans que je pusse l'arrêter. On mettait le couvercle quand elle arriva.

—Où est donc ma fille? Est-ce que c'est elle que vous voulez emporter?

Elle se jeta sur l'homme qui travaillait, le repoussa, se déchira les ongles pour enlever les planches. On céda, car elle avait le droit de voir. Elle écarta le linge, reconnut sa fille, tomba sur elle. On la releva, elle se débattait; on la coucha sur des matelas à terre.

Marie fit enlever sa sœur, me priant de ne pas abandonner sa mère, qui tombait quelquefois du haut-mal et qui avait une attaque en ce moment.

Quand elle eut repris connaissance, je l'emmenai sans qu'elle se souvînt de rien. Marie lui rappela tout.