Je lui donnai cent sous ou dix francs que j'avais dans ma poche.
Un jour, j'étais au théâtre, dans une loge où il y avait six personnes; elle se fit ouvrir et me dit tout haut:
—Dis donc, toi, quand donc me payeras-tu?
Je n'avais rien sur moi ce jour-là. Une des personnes me demanda combien je lui devais et acquitta ma dette.
A partir de ce moment, on le comprend, il y eut entre nous une rupture complète.
Elle s'en allait disant partout:
—Je suis fâchée avec ma sœur.
Et nous restâmes longtemps brouillées, à son grand regret, car je commençais à faire pas mal de bruit.
J'avais appris de nouveaux exercices à l'Hippodrome. Il y avait surtout une course de haies qui faillit me coûter cher. Je montais une jolie jument alezane d'une vigueur incroyable. Elle tremblait une heure avant d'entrer; quand on ouvrait la barrière, elle était déjà en nage.
Un jour, elle s'était gonflée pendant qu'on la sellait; on oublia de la visiter au départ. Une fois lancée, je me sentis tourner; je voulais m'arrêter, mais j'étais devant une haie; elle sauta. Je tâchai de m'élancer de côté pour ne pas être traînée sous ses pieds; je fus tomber sur la piste, en dehors de la haie. J'allais me relever, quand je vis les pieds des chevaux sur ma tête. Tous ceux qui arrivèrent derrière moi me sautèrent avec la haie.