Ma porte était restée ouverte. Il entra, fut s'asseoir dans un fauteuil.
Il était en habit noir boutonné, pantalon noir, des escarpins et des bas à jour.
Il était élégant de sa personne; il exagérait un peu les modes anglaises: cela ne lui allait pas trop mal.
Ce jour, je trouvai que tout lui allait bien. Il était pâle, il avait froid. Je cherchai à réchauffer ses mains dans les miennes; enfin, je lui demandai comment tout cela s'était passé. Il me répondit:
—Bien pour tout le monde. Nous avons tiré si mal tous les deux qu'il y avait plus de danger pour les témoins que pour nous.
—Ah! vous avez donc tiré?
—Oui.
Il me parut un grand homme... Je lui demandai le nom de son adversaire. Il refusa de me le dire, me suppliant de ne parler de cette rencontre à personne.
Quand je fus remise tout-à-fait de ma frayeur, je pensai de nouveau à tout cela, et je ne pus m'empêcher de sourire, en me rappelant la recommandation qui m'avait été faite de me taire. Il était si bavard, que souvent nous nous querellions à cause des mensonges stupides qu'il inventait pour parler.
Je vis plusieurs de ses amis qui me parurent ignorer complétement ce duel; cela me surprit beaucoup.