Je crus qu'H... allait perdre la tête de joie. Pour reconduire ses invités plus vite, il les poussait dehors par les épaules.
Ne vous effarouchez pas! Je vous ai promis d'écrire la vérité, et je tiendrai parole.
Si je rappelle les souvenirs de cette nuit, c'est que je puis le faire sans blesser la modestie. Mais peut-être est-ce vous qui êtes en faute et votre imagination a-t-elle déjà été trop loin? Tant pis pour vous.
J'étais appuyée sur un grand piano couvert de musique commencée. Je regardai H... quand il rentra: il voulut m'embrasser, je l'arrêtai.
—Tenez, H..., si vous étiez raisonnable, vous viendriez m'accompagner chez moi... Je ne suis pas méchante, mais je vous rendrai malheureux si vous m'aimez.
—Ça m'est égal, je donnerais toute ma vie pour vous avoir à moi, ne fût-ce qu'un jour.
Je crois qu'à ce moment, il pensait ce qu'il disait; sa main brûlait, ses yeux brillaient.
Je lui montrai le tabouret du piano. Il s'y assit en m'embrassant la main.
Je m'étendis dans un fauteuil à ses côtés; il jouait avec tant d'âme, il improvisa de si jolies choses que mon cœur se fondit.
—Je suis, me disait-il, entre les deux grandes passions de ma vie.