Je levai les yeux pour remercier, mais je fus obligée de les baisser encore plus vite que la première fois...

Je me mis à jouer avec la bague que j'avais au doigt, en la faisant tourner pour me donner une contenance, et je lui dis:

—Comment, vous ne parlez pas du tout français?

—Si, un poco, Céleste.

—Ah! vous savez prononcer mon nom?...

—Je crois bien, reprit Pederlini; il y a assez longtemps qu'il l'apprend. Il sait un peu parler français, mais vous l'intimidez.

J'avais envie de répondre que c'était plutôt lui qui m'intimidait...

Il m'offrit de m'apprendre l'italien; à moins que je ne fusse assez bonne pour lui apprendre le français...

Il me promit de bien travailler pour pouvoir causer avec moi et me dire tout ce qu'il pensait. Je l'engageai à se dépêcher, car nous devions avoir l'air fort bêtes...

Ils prirent congé de moi. B... me tendit la main et serra la mienne avec tant de force, que je fus quelques instants sans pouvoir parvenir à décoller mes doigts engourdis par la douleur.