Je me trouvai à dîner avec Lagie et Frisette.

—Venez jouer, me dirent-elles; il y a maintenant beaucoup de maisons de jeu. Nous allons à la roulette tous les soirs; il y en a plusieurs; la mieux tenue est rue de l'Arcade.

—Mais, dis-je à Lagie, il doit y avoir du danger; la police n'autorise pas les maisons de jeu.

—Non, mais il n'y a rien à craindre; on ne reçoit pas tout le monde; on prend des précautions. Venez, nous vous présenterons.

J'avais cent francs pour toute fortune et beaucoup d'ennui; je me décidai, malgré ma peur de la police.

Arrivée rue de l'Arcade, notre voiture s'arrêta devant une grande et belle maison. Tout était si calme que je crus que Lagie se trompait; je lui dis:

—Il n'est pas possible qu'il y ait un tripot ici.

—Venez, venez, me dit-elle en me tirant par ma robe; mais ne parlez pas si haut.

Nous montâmes un escalier peint en rouge, éclairé à distance par des quinquets. Je m'arrêtai, essoufflée, en demandant si cet enfer était allé se loger au ciel.

—Le plus près possible, me dit Lagie.