—Une fois pour toutes, lui dis-je, que me reprochez-vous?
—Ce que je vous reproche, c'est d'avoir empoisonné mon cœur d'un amour qui rougit d'avoir pour idole Mogador!—Je vous hais parce que... je vous hais, enfin, parce que je vous aime.
Il passa dans sa chambre et me laissa avec son ami, qui me dit:
—Mais il est fou!
—Oui, et d'une méchante folie. Il vaudrait mieux se quitter que de vivre comme cela.—Voilà pourtant ce que j'ai refusé pour lui... Et je lui contai ce que Richard m'avait offert.
—Si c'est vrai, me dit-il d'un air de doute, vous avez eu bien tort de refuser, dans votre intérêt et dans celui de Robert, car il se ruine! Il faut absolument qu'il se marie.
—Vous savez bien qu'il a essayé cent fois et que cela a toujours manqué...
—Parce qu'il vous savait là, et qu'il n'y a jamais pensé sérieusement. Il ne pouvait manquer de réussir s'il l'eût désiré, avec son nom, son esprit et sa fortune. Si vous étiez partie, mariée, et qu'il n'eût plus d'espoir, vous verriez qu'il en finirait.
Robert rentra, il regrettait sa mauvaise humeur et faisait son possible pour me la faire oublier; mais quand mes yeux étaient mouillés de larmes, ces larmes séchaient lentement.
Je reçus une lettre de Richard. Malgré ce que je lui avais écrit, il me répétait les mêmes offres, en me suppliant d'accepter.