Les formalités à remplir pour notre mariage étaient finies; le temps à attendre par des dispenses acheté.

Richard me dit: —Allons, Céleste, c'est aujourd'hui que vous serez ma femme, c'est la plus grande preuve d'amour que je puisse vous donner. Rendez-moi heureux, et c'est moi qui vous serai reconnaissant.

Il m'avait commandé à Londres une toilette complète.... je m'habillai machinalement... je n'osais rien dire... je ne voulais pas me marier, et je ne savais comment lui faire comprendre que nous allions tous deux à notre perte.

J'avais une robe de brocart gris-perle, un châle de dentelle noire, un chapeau blanc.

—Cette toilette est de demi-deuil, lui dis-je, c'est horriblement triste!

Il mit sur mon chapeau un magnifique voile qui avait été fait pour la reine et qu'il avait acheté la veille.

Je me laissai conduire....., mais quand la voiture s'arrêta, la pensée, la vie me revinrent.

—Non, non, dis-je au cocher, n'arrêtez pas, marchez!... Richard, dites-lui de dépasser cette porte, il faut que je vous parle.

Je m'enfonçai dans la voiture, et me tins au coussin comme si l'on eût voulu m'en faire descendre par la force.

Il donna ordre de retourner à l'hôtel. Il ne me dit pas un mot pendant la route... je n'osais lever les yeux sur lui. Rendus à notre appartement, il me montra un fauteuil, prit une chaise et me dit: