Je me plaçai derrière elle et la regardai longtemps. Elle était jolie de figure, quoique ayant le nez un peu trop long et les lèvres minces. Elle était petite, d'une maigreur grêle, elle était entortillée de tulle et habillée avec beaucoup d'art. On voyait ses bras, ses mains osseuses. Je fus malgré cela étonnée quand elle appela mademoiselle C...: Ma sœur. La nature avait tant fait pour l'une et avait été si avare pour l'autre, que je devinai sans les connaître, que A... devait envier B...
Ces fêtes donnée par Robert coûtaient fort cher. Il était triste quand nous étions seuls, et cherchait à s'étourdir.
Il s'était commandé un coupé à huit ressorts; il me le donna.
J'allai voir Page; j'en fis mon amie. Je ne m'étais pas trompée; elle était aussi bonne qu'elle était jolie.
Le temps passait et Robert ne me rendait pas cet argent que je lui avais prêté. Je commençais à m'inquiéter, car je me perdais avec lui.
XLIII
LES USURIÈRES DE L'AME.—UN DINER CHEZ DE NOUVELLES CONNAISSANCES.
Robert avait affaire chez lui et partit en Berry pour deux jours.
Je fus engagée chez une actrice assez célèbre qui donnait un dîner de femmes.
Nous étions huit, je ne dirai pas les noms: car comme moi peut-être regretteront-elles un jour ces quelques années de leur vie. Je n'ai pas le droit de les leur rappeler.