Je fus chez Robert. Il était de retour. Il avait eu de grands ennuis chez lui pour ses affaires, n'avait pu se procurer d'argent, et sa tristesse annonçait assez ses préoccupations.

Il cherchait à vendre sa terre, car il avait emprunté dessus près de trois cent mille francs; bien qu'elle en valût huit cent mille, les intérêts absorbaient les revenus. On lui en avait offert six cent mille francs, il avait refusé. Je l'avais prié de me rendre de suite cet argent prêté pour ses dettes de jeu. Il ne le pouvait pas.

Un jour, me voyant toute pensive, il me demanda ce que j'avais.

—Je pense à l'avenir, je voudrais bien te demander quelque chose, mais j'ai peur de te fâcher.

—Moi, pourquoi diable veux-tu que je me fâche?

—Parce que je sais que tu n'as pas d'argent et que c'est mal de t'en demander.

—Eh bien! me dit-il, toujours avec sa fierté hautaine, j'en ferai, si je n'en ai pas; combien te faut-il?

—Mais je voudrais avoir ce que tu me dois, ou bien une garantie, s'il t'arrivait malheur! tout le monde est mortel, je perdrais tout ce que j'ai.

—Comment, cet argent est donc à toi?

—Oui, lui dis-je.