En voyant toutes ses splendeurs,

Judith va bouder Holopherne.

Dans les salons de Philoxène

Nous étions quatre-vingts rameurs.

J'étais toute fière que l'auteur du Bonhomme Jadis, de la Vie de Bohême, eût un instant laissé courir son crayon et sa pensée sur mon compte. Il avait, en une heure, fait quarante couplets sur ses amis; j'en avais deux, trop aimables sans doute.

Décidément, les dédains de la jolie juive m'avaient porté bonheur.

J'allais jouer une nouvelle pièce, quand je reçus cette lettre de Robert:

«Céleste, je ne puis vivre ainsi. J'ai trop compté sur mon courage, je ne puis vivre sans vous. Écoutez ce que je vous propose. Si vous avez eu de l'amour pour moi, il a duré ce que dure un feu d'artifice, une fusée, un rêve, une fête de nuit. Tout a brûlé et je suis écrasé; j'ai le cauchemar, il me poursuit; je me réveille la nuit en sursaut, je crois t'entendre chanter gaîment à table, au milieu des gens qui n'ont que des désirs sans amour, et qui te disent:—Je t'aime! je t'aime!—Sais-tu ce que c'est que d'aimer comme je t'aime? C'est de la folie! Je suis fou, je t'offre plus que ma fortune, je t'offre ma vie, mon nom, mon honneur. Je vais réaliser ce que je possède. Je vends ma terre dans quelques jours, nous pourrons être heureux loin d'ici. Ne me refuse pas; j'ai bien réfléchi. Je n'aurai jamais un regret, si tu me rends heureux.—Réponds-moi de suite.

»ROBERT.»