XXVII
LA PÉPINE.

Trois jours s'étaient écoulés depuis ma soirée de la rue de l'Arcade; je luttais sans cesse entre l'envie d'y aller et la raison qui me disait de ne plus y retourner. La peur d'être prise dans cette maison ou de perdre m'arrêtait; l'appât du gain m'attirait.

Je me détendais à huit heures du matin, au milieu de mes réflexions, quand Marie, ma domestique, entra, avec son grand nez, m'annoncer qu'une dame voulait me parler. On ne faisait pas encore antichambre chez moi, et je dis:

—Faites-la entrer.

—Tiens! m'écriai-je en voyant ma visiteuse.

—Je vous dérange? dit la Pépine en s'asseyant près de mon lit.

—Du tout, je pensais à vous, c'est-à-dire, je pensais à votre maison. J'ai gagné beaucoup, l'autre jour.

—Je le sais, dit la Pépine; pourquoi n'êtes-vous pas revenue?

«Bon! pensai-je, elle vient me chercher pour que je reperde ce que j'ai gagné. Je vais la fixer sur ce qu'elle pourra ravoir de son argent.» Et je lui dis: