Aujourd'hui, tous les grands magasins, comme la Ville de Paris, la Chaussée d'Antin, les Trois Quartiers, le Siége de Corinthe, envoient à domicile, et s'ils vous remettent vos emplettes en votre absence, ils les laissent et ne vous apportent les factures qu'au bout de six mois, tout en vous vendant le même prix qu'aux autres personnes.
C'est à qui aura notre pratique; tout le monde nous pousse à ces folles dépenses qui ruinent ceux qui nous entourent, et dont tant de gens se partagent les bénéfices sans en avoir la responsabilité.
On emploie toutes les tentations; si je n'avais pas été arrêtée par un sentiment de probité, je devrais avoir aujourd'hui trois cent mille francs de dettes: les marchands de cachemires, de bijoux, de voitures, de meubles ne faisaient des offres de services illimitées.
Je résistais parce que je pensais à l'avenir; je me disais:
«Il faudra toujours payer; mais que de femmes n'ont pas ce courage, et, par entraînement, font du tort et finissent par faire perdre.»
J'allai donc de moi-même porter de l'argent à mes fournisseurs, en 1848!
Je m'achetai quelques robes, du linge, et surtout un nécessaire de voyage garni en argent, dont j'avais grande envie.
Les amis de Robert en avaient: je voulais faire comme les gens comme il faut; je me donnais beaucoup de mal, mais je n'avais de commun avec eux que mon nécessaire.
Pourtant Robert m'aimait; s'il y avait des nuages dans son amour, ces nuages étaient amenés par le contraste de sa gêne réelle avec son apparente fortune. J'étais heureuse de cet amour.
Mes bénéfices au jeu me tournaient la tête; je ne pensais plus qu'à gagner encore, pour avoir beaucoup d'argent quand il reviendrait.