—De grand cœur, si je le puis.
—Vous le pourrez, me dit-elle.
—Parlez alors.
—En me sauvant de chez cet homme, je veux emporter mes effets; voulez-vous me permettre de vous les envoyer petit à petit, car je ne connais personne que ses amis; je vais me cacher d'eux. Vous ne direz rien, n'est-ce pas?
Je le lui promis.
—Venez ce soir, me dit-elle; surtout ne dites pas que vous m'avez vue; ne me parlez pas beaucoup. Je vous dirai à la chance de qui il faut vous associer.
—Merci! lui dis-je; j'irai ce soir pour la dernière fois, je ne veux pas m'exposer; mais vous pouvez compter sur moi, quand même.
Quand elle fut partie, je pensai à tout ce qu'elle m'avait dit. Si je n'avais pas eu le désir d'avoir de l'argent pour retourner auprès de Robert, certes, je n'aurais pas remis les pieds dans cette maison qui me faisait grand'peur; l'amitié même de la maîtresse du logis ne me rassurait pas.
J'arrivai à minuit. Il y avait plus de monde que la première fois; le jeu était animé. Je regardai cet homme dont on m'avait raconté l'histoire; sa figure portait bien son caractère. Il me dégoûta.
C'est une chose étrange que la facilité avec laquelle les vices s'affranchissent de tous les obstacles pour assouvir leurs passions.