—Mais, madame, il y a ici une chapelle; un garçon sera parrain.

J'étais sur le point d'accepter, malgré ma répugnance. L'idée que cette enfant était née et qu'elle serait baptisée à l'hôpital me rendait triste; pourtant le temps pressait et j'allais dire oui! quand la petite fille se mit à crier et à remuer avec une vigueur dont je la croyais incapable. Il me semblait qu'elle me disait: «J'attendrai bien à demain.» Le père était là; il me demanda de tenir la petite avec un de ses amis qu'il amènerait.

—Je serai ici demain, à dix heures.

M. Richard tint parole; à quatre heures il était chez moi. Je le plaisantai beaucoup sur son changement subit. Je lui demandai s'il s'occupait de politique.

—Vous êtes méchante! Est-ce que vous m'en voulez toujours?

—Moi! je vous assure que je ne vous en veux pas.

—Eh bien! acceptez à dîner demain avec votre amie et mon cousin; c'est le seul moyen de me persuader que vous ne me gardez pas rancune.

—Vous êtes bien aimable; je ne vous garde pas rancune, mais je refuse; j'ai trop à faire, je suis marraine.

—Vous serez libre à six heures, je viendrai vous prendre.

—Non, vous m'enverrez votre cousin; vous irez prendre Victorine.