—J'irais bien, dit Richard, si on avait engagé Céleste.
—N'est-ce que cela, dit son ami tout joyeux, je vais lui demander une invitation, c'est à côté. Je suis ici dans cinq minutes.
En effet, il fut à peine un quart d'heure. Je ne sais quel pressentiment m'avertissait, mais je passai dans ma chambre, me promettant d'écouter.
—Eh bien? dit Richard.
—Eh bien! mon cher, tu ne me disais pas que tu étais en délicatesse avec elle; elle m'a refusé net, et puis elle s'est ravisée, et m'a dit: Je veux bien qu'il vienne, mais je ne veux pas recevoir Mlle Mogador; jamais cette fille ne mettra les pieds chez moi. Fi! l'horreur! pour qui me prenez-vous?
—Tais-toi, dit Richard, il ne faut pas dire cela à Céleste.
Je rentrai sans faire semblant de rien savoir; mon amour-propre était engagé. Je me fis à moi-même la promesse que l'altière Ozy me recevrait avant huit jours. Cela ne me paraissait pourtant pas très-facile. Je me rappelai que Victorine la connaissait. Je fus la trouver. Elle me fit un reproche d'être restée si longtemps sans venir la voir.
—Ma chère, je mérite encore plus vos reproches que vous ne le croyez, car je ne viens aujourd'hui que parce que j'ai un service à vous demander; mais il ne faut pas m'en vouloir, le théâtre me prend tout mon temps.
—Je sais cela, me dit-elle en riant; je vous ai vue jouer il y a quelques jours, vous n'êtes pas bonne.
—Je tâcherai que cela vienne.