LV
JOURNAL D’UN MINEUR
(Suite.)
Nous continuons notre route à travers les bois, mais les difficultés croissent à chaque pas.
Nous voici dans des chemins dont rien ne peut donner une idée.
Nous avons bien aperçu sur notre route trois ou quatre maisons ou huttes en écorce; mais, dans l’espérance de trouver au moins une auberge passable, nous avons continué en pressant le pas de nos chevaux.
Enfin, à la nuit close, nous sommes arrivés devant une rivière assez rapide. Nous avons cru nous être trompés de chemin, et nous avons été sur le point de camper en plein air sur le bord de cette rivière.
M. Malfil... est entré dans l’eau jusqu’aux genoux pour sonder le fond; moi, j’ai cru voir de l’autre côté la route se continuer le long du ravin.
J’ai donc pris mon courage à deux mains, mis les éperons dans le ventre de mon cheval, et suis entré à tout hasard dans la rivière qui n’avait guère effectivement que trois ou quatre pieds de profondeur, et nous avons trouvé la route de l’autre côté.
Tout cela ne nous rassurait que fort peu et ne nous prouvait pas que nous fussions sur la route de Bathurst.
Enfin à neuf heures nous avons aperçu une lumière et sommes arrivés à une auberge.
On ne voulait pas nous y recevoir, tout était occupé; après bien des pourparlers on a daigné nous accorder des places pour nos chevaux et des lits pour nous avec un mauvais souper.