C’est dommage, je comptais sur une petite attaque, j’avais toujours mes pistolets sous la main.

Après avoir passé une nuit aussi mauvaise que possible, nous ne sommes partis qu’à dix heures du matin.

La diligence de Sidney à Bathurst était passée à neuf heures.

Il y a tant de boue sur les routes, qu’avec une voiture légère et quatre chevaux, on a de la peine à faire deux milles à l’heure; les voitures enfoncent jusqu’à la caisse; aussi sur les bords des chemins, depuis notre entrée dans les bouches, voyons-nous à chaque instant des carcasses de bœufs ou de chevaux qu’on a été obligé d’abattre ou de laisser morts sur la route.

Mon pauvre cheval est dans un état affreux; depuis deux jours je fais la moitié du chemin à pied pour le soulager.

Pauvre bête! c’est mon seul ami, et je me prive de manger pour lui.

La pluie et le mauvais temps continuent.

Il y a impossibilité de partir de Bathurst.

Nous sommes arrêtés par un torrent qu’on nomme le Macquarie et qui est devenu infranchissable, même à la nage; on nous prédit que nous ne pourrons pas le traverser avant huit jours au moins.

Quelle nuit atroce je viens de passer! nuit remplie de souvenirs tristes et de rêves affreux.