C’est un métier très-fatigant. Le cœur me manque quand je vois maintenant de près ce que c’est que cette vie et ce travail.

Pourtant il faut me décider; depuis ce matin je ne fais que marcher soit en remontant soit en descendant le Turon, pour regarder, étudier et tâcher de trouver une place.

Je ne puis rester plus longtemps sans rien faire; toutes mes ressources s’épuisent et mon cheval me coûte 12 francs par jour pour le nourrir et le loger.

Bien heureux si on ne me le vole pas, ce qui arrive à chaque instant; du reste, il me tarde d’être sous ma tente à travailler.

On ne peut se faire une idée du bouge dans lequel nous couchons sur des planches, avec une mauvaise couverture de laine dégoûtante, sans draps.

Ah! Céleste! Céleste! où m’as-tu conduit?

Allons, allons, pas de découragement.

Je me dis, pour me consoler, que tout le luxe dont tu es entourée est le prix de la misère et de la fange dans lesquelles je me trouve.

Cette population des mines est ce qu’on peut se figurer de plus étrange.

On y voit le rebut des villes, des gens immondes, échappés des galères, à côté d’hommes bien élevés, qui ont vécu dans l’élégance et dans le luxe, et qui, comme moi, ont tout dissipé.