Mon ignorance me pesait plus que jamais, mais mes efforts étaient inutiles.
Les études ne pouvaient s’accorder avec ma vie agitée.
Trois mois s’étaient écoulés depuis que j’avais reçu la lettre de Robert. Mon inquiétude devenait une fièvre ardente.
Je faisais mille conjectures;—peut-être m’avait-il oubliée!
Si ce genre de vie l’avait tué!
Cette pensée s’enfonçait dans mon cœur comme une pointe d’acier.
—Mon Dieu! me disais-je, c’est impossible! ce serait trop affreux!... Oh! je suis insensée!... Une lettre peut se perdre,—ce n’est qu’un retard.
Les pensées, les souvenirs, si pénibles qu’ils soient, aident toujours un peu à la vie réelle.
Chaque jour je faisais de nouvelles connaissances.
Un soir, au foyer des artistes, aux Variétés, je vis un petit monsieur dans un si drôle de paletot-sac, que je ne pus m’empêcher de rire, ce qui était fort inconvenant, car je voyais ce monsieur pour la première fois.