Bien que je fusse rentrée dans cette vie agitée, que je fusse occupée à mon théâtre, que l’aisance et le luxe fussent revenus autour de moi peut-être avec plus d’abondance que jamais, le souvenir de Robert ne me quittait pas.
C’était une vraie torture pour mon cœur.
Ma petite Caroline était ma seule consolation réelle.
C’était un ange de douceur et de bonté; sa mère ne l’aurait jamais aimée plus que moi.
J’étais sortie avec elle pour faire des emplettes rue de la Chaussée-d’Antin.
Je fus séduite par de ravissants petits bonnets que je vis en étalage, et j’entrai pour en acheter un à Caroline.
Je venais de la prendre dans mes bras pour qu’on pût les lui essayer.
En voyant en face la marchande, je poussai un ah!... si étonné, que je faillis laisser tomber l’enfant, ce qui serait arrivé si elle n’avait eu ses petits bras passés autour de mon cou.
Je venais de reconnaître, dans la belle personne qui me faisait voir de la lingerie, ma petite mendiante du dépôt, ma compagne de la correction.
Elle n’était pas changée.