Si M. Dumas rendait justice à ma manière d’être, il avait, en mainte occasion, montré de l’éloignement pour ma personne; mon nom de guerre lui avait déplu lorsque j’étais à l’Hippodrome.

C’était donc un admirateur dont je pouvais m’enorgueillir à juste titre; et puis, je l’ai déjà dit, j’étais fatiguée de toutes ces conquêtes faciles et ennuyeuses qui se groupaient chaque jour autour de moi.

Le talent, l’esprit me paraissaient, pour un homme, la plus enviable de toutes les richesses.

J’aurais voulu vivre au milieu de tous ces esprits supérieurs, mais je n’avais aucun droit à cette insigne faveur; c’est à vol d’oiseau que j’avais eu l’occasion d’apprécier Dumas père, Méry, Augier, Murger, Théophile Gautier, Camille Doucet, M. de Girardin et Nestor Roqueplan.

Il en est des grands hommes comme des femmes vraiment honnêtes; ils sont accessibles aux petits parce qu’ils sont simples de manière, bons et indulgents.

Un nom devrait figurer en tête de tous ces noms; je ne veux pas le nommer, mais il est inscrit dans mon cœur et ne s’effacera jamais.

Homme au-dessus des autres par la naissance et surtout par le mérite, il a été mon bon génie, mon appui en mainte circonstance, et n’a pas dédaigné de m’aider de ses conseils.

Cœur droit, loyal, indépendant et dégagé de vains préjugés, il m’avait découverte avant que je me connusse moi-même.

On dit que chacun a son étoile au ciel; moi, je puis affirmer que j’avais la mienne sur la terre.

Robert ne m’avait pas écrit depuis quatre mois! il devait lui être arrivé quelque malheur.