Il avait laissé pousser toute sa barbe; sa figure était maigre et brunie, ses yeux étaient ternes, son front pâle; la souffrance était écrite sur tous ses traits.
Ses vêtements se ressentaient du désordre d’un long voyage; il n’avait pourtant rien perdu de sa distinction.
Lorsqu’il m’aperçut, il vacilla comme un homme qui reçoit une blessure, mais il se remit vite et releva la tête pour me regarder en face.
Je voulais l’embrasser, il m’arrêta d’un regard.
Je n’osais ni avancer ni parler.
Ce fut lui qui rompit ce terrible silence:
—Il n’y a que les morts qui ne reviennent jamais! Vous étiez en fête, n’est-ce pas? je vous ai dérangée.
—Vous ne le croyez pas, Robert, j’avais invité de mes amies à dîner.
—Je n’ai pas le droit de vous demander qui était chez vous.
J’aurais dû attendre à demain, vous écrire.