Il faisait sa cuisine en chantant et me donnait toujours le meilleur morceau.

J’attendais avec une anxiété cruelle des lettres, des nouvelles de France; je n’avais rien demandé, mais il me semblait impossible qu’on m’eût ainsi abandonné.

J’écrivis à Sidney, espérant que le consul avait quelque chose pour moi, il m’envoya une lettre de toi.

Je serais mort là sans autre ressource que la charité de ce brave garçon, si le jeune homme que j’avais rencontré à Londres et qui était commis voyageur pour une grande maison de Paris, n’était venu à mon secours.

En voyant l’état où j’étais, il me dit:

—Vous ne pouvez rester ici, il est impossible que vous n’ayez pas quelques ressources en Europe, je vais vous prêter de quoi faire votre voyage, retournez en France, et revenez avec des marchandises.

—Mais, dis-je à Robert, il y a quelques jours on faisait courir le bruit ici qu’un de vos proches parents vous avait envoyé quelque mille francs.

—C’est faux, me dit-il avec un sourire plein d’amertume.

J’ai, en effet, trouvé une lettre à mon adresse en arrivant à Londres, mais on ne m’y donnait qu’un conseil.

Je refusai d’abord de partir, mais on n’eut pas grand’peine à me convaincre que ce voyage était indispensable à mes intérêts, pour ma vie peut-être.