Je fis un résumé de ces Mémoires pour donner à la cour.
Robert en fit une note de son côté, précisant les faits, donnant des chiffres à l’appui et me défendant avec tout ce qu’il avait de cœur, mais il resta à Paris.
Ce que j’ai souffert pendant les trois jours que ces débats ont duré, Dieu seul le sait.
En entrant sous le vestibule de ce grand palais de Jacques Cœur, où siége aujourd’hui le tribunal, le froid des voûtes m’enveloppa comme un linceul, mes dents claquèrent, j’étais pâle à faire peur aux statues de pierre.
Toutes les voix résonnaient à mes oreilles comme des instruments de cuivre.
Mon nom mille fois répété par l’écho me fit peur.
L’impatience, l’inquiétude, une volonté plus forte que la mienne m’avaient amenée au tribunal.
Cachée derrière une colonne, je m’entendais traiter avec tant de mépris que je perdis la tête et me laissai glisser à genoux en pleurant.
Alors, j’oubliai le tribunal, les juges, je me crus dans une église et je priai Dieu avec ferveur.
Je lui demandai pardon du passé, lui promettant de faire mieux dans l’avenir, s’il voulait m’absoudre.