Huit jours après les débats de Bourges eut lieu mon procès au tribunal de commerce à Paris.

Il s’agissait des quarante mille francs que Robert me devait et pour lesquels il m’avait fait des lettres de change.

Cet argent était en réalité ma fortune, car la maison était hypothéquée et il était dû beaucoup à Châteauroux.

Le tribunal de la place de la Bourse déclara que ces lettres de change étaient des effets de complaisance et ne pouvaient être regardés comme sérieux.

J’éprouvai une contrariété passagère, mais j’avais placé ma confiance au-dessus des hommes, j’espérais encore quand tout semblait désespéré.

L’avocat général de Bourges fit un résumé écrasant pour moi.

Il voulut flétrir, frapper un parti en ma personne, arrêter la contagion du mal fait à la société par mes pareilles, en donnant sur moi l’exemple du châtiment.

La cour était nombreuse; elle remit à huitaine sa délibération et me donna gain de cause.

Ce fut un beau jour pour moi et une grande confusion pour mes adversaires.

En réalité, je n’en avais qu’un, mais il avait cherché quelques petits débiteurs de Robert, en leur promettant de payer les frais qui pourraient être faits, qu’il gagnât ou qu’il perdît.