Ils ont pris nos pièces, ils les ont même envoyées à Paris, sans qu’elles fussent revêtues d’aucun visa. Mademoiselle Céleste avait protesté par acte signifié contre de tels abus, et avait même demandé que les pièces fussent retirées du procès. C’est le motif pour lequel elle n’avait pas exploré plus tôt ce qu’elles contenaient.

Si la construction du Poinsonnet avait été la propriété de M. de ***, comment n’aurait-il pas pris les bois nécessaires à cette construction sur les dépendances de la terre de ***.

Lors même que les allégations des adversaires seraient aussi vraies qu’elles ont été prouvées fausses quant aux coupes des bois, il est bien évident que M. de ***, qui ne craint pas, dans le système des adversaires, de déshonorer sa propriété, eût bien trouvé, en abattant quelques arbres de bordures, le bois nécessaire à la construction d’un pavillon de 15 mètres de long sur 11 mètres de large.

Les factures de Lemerle sont produites par les adversaires au milieu des pièces qui ont été remises par le séquestre.

Donc pour le terrain nous pouvons, comme pour le mobilier, dire que MM. D... et B... n’ont rien prouvé, et que mademoiselle Céleste, qui n’a rien à prouver, a rapporté toutes les pièces désirables.

§ VI.
Présomptions de simulation invoquées par les adversaires.

PREMIÈRE PRÉSOMPTION.
Situation de fortune de M. de ***.

Où donc eût été l’intérêt de faire des actes simulés au préjudice de ses créanciers pour un homme qui avait la conviction que sa fortune dépassait deux fois son passif, et qui, au moment de la vente de ses biens, croyait encore que, tous ses créanciers étant payés, il lui restait 150 ou 200,000 francs.

Vous méconnaissez aussi les enseignements de cette correspondance que vous avez arrachée au secret qui lui était destiné. Relisez, et vous verrez que, quand M. de *** s’aperçoit enfin de sa ruine, son désespoir éclate, et qu’au lieu de se ménager une retraite pour y vieillir, il ne pense qu’à se faire soldat en Afrique ou mineur en Australie.