Ne représentons-nous pas les quittances des ouvriers, payés par suite de l’emprunt Pierre, pour lequel mademoiselle Céleste a donné une procuration datée de Paris, où elle était retenue par son service au théâtre, cette procuration enregistrée, légalisée avant toutes poursuites?

Tous les ouvriers qui restent à payer ne comptent-ils pas sur mademoiselle Céleste pour leur payement? Ce n’est pas là une feinte, un moyen d’intéresser la justice; mademoiselle Céleste a énoncé formellement cet engagement dans la lettre publiée par ses adversaires; elle l’a pris en effet, elle l’exécutera, la justice reconnaissant son droit. C’était son obligation, puisque les ouvriers travaillaient en réalité pour elle.

Mademoiselle Céleste ne conteste pas que beaucoup des mémoires des travaux du Poinsonnet sont au nom de M. de ***, cela a été expliqué par nous dans la note de première instance, nous n’avons pas besoin d’y revenir.

Elle ne disconvient pas non plus que M. de *** ait voulu lui faire quelques cadeaux pour aider à la construction du pavillon.

M. de *** n’était pas ruiné alors, M. de *** se croyait, et avec raison, au-dessus de ses affaires: il avait bien le droit de faire des libéralités de bien peu d’importance quand on les compare à sa situation. Le ministère public a semblé reconnaître qu’à ce moment M. de *** aurait pu, d’un trait de plume, faire à mademoiselle Céleste cadeau du pavillon tout construit; ce qu’il pouvait faire pour le tout, comment n’aurait-il pas pu le réaliser pour des payements sans importance?

Ces libéralités, d’ailleurs, n’ont jamais existé qu’en projet. Mademoiselle Céleste a été obligée de payer avec ses ressources personnelles, et ce qui n’est pas payé, c’est elle qui le doit.

Le compte du Poinsonnet n’est pas difficile à faire:

Mademoiselle Céleste a commencé par payer au vendeur6,000fr.
Elle a emprunté de M. Pierre6,000
Ses lettres prouvent qu’elle a envoyé de Paris5,000
Ses lettres, confirmées par les factures à l’appui, prouvent encore qu’elle a envoyé: cheminées, treillages et poële, etc., le tout pour une somme de3,500
Il est dû à Châteauroux pour le Poinsonnet une somme d’environ12,000
Cela donne en total32,500

C’est, à quelques centaines de francs près, le prix de revient du Poinsonnet.

Les adversaires se sont bien gardés d’annoncer des chiffres précis à la cour, ils ne parlent que par 30 ou 60,000 fr., mais si on leur demande des détails ils n’en fournissent aucun.