Dans une pareille situation, M. B... n’a pu prendre lui-même au sérieux le procès qu’il nous faisait. Il marchait de déception en déception; après avoir plaidé longtemps sous le nom de D..., payé dans l’ordre sous le nom de D..., dont les aveux trop naïfs avaient compromis le succès de tant de poursuites, M. B... s’était décidé à agir par lui-même. Mais voilà que son titre même constitue une fin de non-recevoir contre l’action qu’il a intentée.
Comment faire?
M. B... s’est mis en quête pour trouver des alliés. Il a cherché parmi les créanciers de M. de *** les éléments d’une coalition contre mademoiselle Céleste.
La plupart de ces créanciers ont refusé de s’associer à cette guerre, que rien ne justifie. Nous le prouvons par leurs lettres. Trois seulement y ont consenti. Ce sont MM. Legris, Guillemot, Crémieux.
Voyons si M. B... doit se féliciter de cette diversion judiciaire.
2o M. LEGRIS.
Nous n’avons plus besoin d’en parler. M. Legris s’est désisté de sa demande, quand il a su ce qu’on voulait faire de son nom.
3o M. GUILLEMOT.
M. Guillemot n’est que le cessionnaire de M. Thomas B..., à qui M. de *** avait, en 1851, racheté une voiture d’occasion pour une somme de cinq mille francs. Il a reçu déjà une somme de deux mille francs, à valoir sur sa créance, dans le courant de 1853. M. Guillemot, si nous sommes bien informés, n’a poursuivi que parce que M. B... lui a garanti les frais, et c’est ce que M. d’Orléans, son huissier, serait disposé à attester, s’il en était besoin. Car M. Guillemot n’a dans le procès aucun intérêt personnel. Que la créance de mademoiselle Céleste soit ou ne soit pas payée, il ne viendra pas dans l’ordre en rang utile. Il ne toucherait rien que ce que M. B... voudrait bien lui donner. Le défaut d’intérêt est une véritable fin de non-recevoir contre M. Guillemot, aux termes d’une jurisprudence constante, qui décide que la tierce opposition, formée par un créancier au jugement rendu en faveur d’un autre créancier, est non recevable, lorsque la décision attaquée ne change en rien la position du demandeur vis-à-vis du débiteur commun. (Arrêt de cassation du 9 juin 1847.)
Voilà donc une intervention qui ne peut servir en rien la cause de M. B..., puisque M. Guillemot est non recevable, comme M. B... lui-même.