«18 août 1852.

»Je ne sais, ma chère Céleste, si nous nous reverrons jamais!

»Telle est la vie; elle est pleine de courtes joies et de longues douleurs, de liaisons commencées et rompues.

»Par une étrange fatalité, ces liaisons ne sont jamais faites à l’heure où elles pourraient être durables.

»On découvre le cœur que l’on cherchait la veille du jour où ce cœur va cesser de battre.

»Mille choses, mille accidents séparent les âmes qui s’aiment pendant la vie; puis vient cette séparation de la mort qui renverse tous nos projets...

»Allons, mon cœur, cesse de te plaindre et ne te laisse pas abattre par les douleurs du souvenir, par les espérances trompées.

»Si tes douleurs sont aussi grandes que ton amour, que ton courage aussi soit à la hauteur de tes douleurs.

»Tu es à l’autre bout du monde, et tes cris n’arriveront jamais pour déchirer le cœur qui te fait tant souffrir.