Je retrouve la trace de ces préoccupations dans une de mes lettres à Robert.
Je trouve aussi la trace des mouvements de colère que le souvenir du passé me donnait quelquefois contre lui.
«Il est neuf heures du soir.
»Je suis près du feu, dans ce cabinet de toilette où cette femme était le jour où j’ai tant pleuré, sur ce lit qui aujourd’hui me fait l’effet d’une tombe.
»Depuis ce jour-là, je t’ai revu à mes pieds, tu l’as quittée pour moi; mais, depuis, je n’ai jamais été heureuse, le souvenir de quelques heures a tué toute ma vie avec toi.
»Et quand je pense à ta faiblesse pour cette femme, à la manière dont tu me laissas partir, mon cœur bat, ma tête brûle.
»Je ris et je suis heureuse de ta misère.
»Ah! j’ai tant souffert! et cette cicatrice qui vous a fait rire tous deux de moi me fait si souvent mal!
»Je n’ai pourtant pas le cœur haineux, mais je déteste cette créature à qui j’ai demandé miséricorde et à qui le bruit de cette scène a fait une auréole.
»Je ne vivrai probablement pas assez pour voir leur misère, à ces belles railleuses; mais si je survis à toutes mes peines, l’avenir qui les attend me vengera.