»Dès que mes procès seront terminés, je vais faire un grand voyage, je quitterai ce pays, j’irai à l’étranger.
»Je n’ai pas voulu faire d’engagement pour ici, ni pour Londres.
»Une fois tout terminé, je partirai.
»Aller près de toi, c’est impossible, ce serait rejoindre nos misères.
»Tu ne feras rien dans ce pays que des années d’exil.
»Je ne serai plus là quand tu reviendras; morte ou partie, mon âme sera près de toi pour te dire:
»—Courage; tu dois espérer, tu es jeune encore, tu as des frères et des sœurs millionnaires; ils ne peuvent t’abandonner, ils ont voulu te faire subir une épreuve; ils ne la croyaient pas si rude; ils ont des cœurs pleins de noblesse, ils t’ouvriront les bras.
»Pour toi, il y a encore une étoile à l’horizon, ne la quitte plus des yeux; ton âme était pleine de piété, fais remonter tes pensées à Dieu.
»Pour moi, tout est nuit; j’ai le pressentiment que tu ne m’aimes plus, que la misère a arraché de ton cœur un amour qui n’était pas fait pour moi; une autre m’a peut-être remplacée; si elle te rend heureux, tant mieux.»