—Sois tranquille, je penserai à toi, cher enfant, et Dieu veillera sur nous.
Et il s'élança vers le château.
«Des matelas, vite des matelas!» cria-t-il aux domestiques épouvantés.
A force de les exhorter, de les pousser, de répéter ses ordres, il parvint à faire apporter cinq ou six matelas, qu'il fit placer sous la mansarde où étaient encore Maurice et Adolphe, enveloppés de flammes et de fumée.
M. DE NANCÉ.
—Jetez-vous par la fenêtre, il y a des matelas dessous. Allons courage!
Maurice s'élança et tomba maladroitement, moitié sur les matelas et moitié sur le pavé. M. de Nancé se baissa pour le retirer et faire place à Adolphe; mais avant qu'il eût eu le temps de l'enlever, Adolphe se jeta aussi et vint tomber sur les épaules de son frère, qui poussa un grand cri et perdit connaissance.
—Malheureux! s'écria M. de Nancé, ne pouviez-vous attendre une demi-minute?
—Je brûlais, je suffoquais, répondit faiblement Adolphe.
Et il commença à gémir et à se plaindre de la douleur causée par les brûlures. M. de Nancé remit Adolphe aux mains des domestiques, qui l'emmenèrent à la ferme, et lui-même s'occupa de faire revenir Maurice: mais ses soins furent inutiles; les reins étaient meurtris ainsi que les épaules; les jambes, qui avaient porté sur le pavé, étaient contusionnées et brisées; il demanda qu'on allât au plus vite chercher un médecin, étendit Maurice sur l'herbe, et engagea M. de Sibran à donner des soins à ses fils au lieu de se lamenter.