—Moi, Paolo Peronni, et voilà une lettre dé Signor conté Cémiane.
Il tendit à Mme de Cémiane une lettre, qu'elle parcourut en réprimant un sourire.
«Ce n'est pas l'écriture de mon mari», dit-elle.
PAOLO
—Pas écritoure! Alors, quoi faire? Il invite à dîner, et moi, povéro Paolo, z'étais très satisfait. Z'ai marcé fort; z'avais peur de venir tard. Quoi faire?
MADAME DE CÉMIANE
—Il faut rester à dîner avec nous, Monsieur; vos amis ont voulu sans doute vous jouer un tour, et vous le leur rendrez en dînant ici et en faisant connaissance avec nous.
PAOLO
—Ça est bon à vous; merci, Madame; moi, zé souis pas depuis longtemps ici; moi, zé connais personne.
Le jeune homme raconta comme quoi il était médecin, Italien, échappé à un affreux massacre du village de Liepo, qu'il défendait avec deux cents jeunes Milanais contre Radetzki.