—Mon cher Paolo, votre lettre est, dans son genre, aussi ridicule que celle de Mme des Ormes. Elle vous injurie comme un Auvergnat, et vous lui répondez par une moquerie par trop évidente.
PAOLO
—Cer Monsieur de Nancé, ze ne souis pas bête, quoique z'aie l'air d'oune imbécile; c'est comme ça qu'il faut faire avec cette Signora absourdissima. Elle croit qu'elle est souperbe, ze lui dis qu'elle est souperbe; elle croit que zé l'adore. Voilà la Signora ensantée; ze zouis peut-être le seul qui dise comme elle; alors elle pardonne et ne se fasse pas quand ze viens donner des leçons à ma Chnstinetta. Voilà pourquoi z'ai écrit comme oune imbécile.
M. DE NANCÉ
Nous verrons si vous avez deviné juste, mon cher Paolo; je le désire pour vous.
Deux jours après, Paolo entra triomphant chez M. de Nancé, et lui présenta une lettre.
—Prenez, Signor, lisez, voyez si Paolo est oune bête!
«Mon bon et cher Paolo, votre charmante lettre m'a touchée et m'a bien fait regretter les injures que je vous ai écrites. Pauvre Paolo! Pardonnez-moi; je vous accepte pour esclave et je vous traiterai en bonne maîtresse. Adieu. mon esclave. Je m'amuse beaucoup, je donne des bals; je danse toute la nuit.»
»CAROLINE DES ORMES».
—Folle! dit M. de Nancé en levant les épaules. Que je suis heureux d'avoir pu tirer ma chère Christine de cette maison de folie et de dissipation!